« NOUS SOMMES COMME AU MILIEU DU FLEUVE »

« Rendons grâce au Seigneur pour sa présence et pour la force qu’il nous donne dans le quotidien de nos vies lorsque nous sommes confrontes à la souffrance physique ou morale, à une peine, à un deuil ; pour les actes de solidarité́ et de générosité́ dont il nous rend capables ; pour la joie et l’amour qu’il fait briller dans nos familles, dans nos communautés, malgré́, parfois, le dénuement, la violence qui nous entoure ou la crainte du lendemain ; pour l’audace qu’il met dans nos âmes de vouloir créer des liens d’amitié́, de dialoguer avec celui qui ne nous ressemble pas, de pardonner à celui qui nous a fait du mal, de nous engager dans la construction d’une société́ plus juste et plus fraternelle où personne n’est abandonné...

Pourtant, il vrai aussi que nous ne sommes pas encore parvenus au terme, nous sommes comme au milieu du fleuve, et il nous faut décider courageusement, dans un engagement missionnaire renouvelé́, de passer sur l’autre rive. Tout baptisé doit sans cesse rompre avec ce qu’il y a en lui de l’homme ancien, de l’homme pécheur, toujours prêt à se réveiller à la suggestion du démon- et combien il est agissant en notre monde et en ces temps de conflits, de haine et de guerre, pour l’entraîner à l’égoïsme, au repli sur soi et à la méfiance, à la violence et à l’instinct de destruction, à la vengeance, à l’abandon et à l’exploitation des plus faibles... »

(Extrait de l’homélie du pape François lors de la messe célébrée au stade du complexe sportif Barthélémy-Boganda à Bangui(Centrafrique)