Jean définit le Messie de deux manières :

Premièrement, il est celui qui baptise dans l’Esprit Saint.

De tout temps, la religion juive prévoyait des rites d’eau, des ablutions: elles avaient toutes un but de purification au sens biblique du terme ; il ne s’agit pas de laver du péché, mais de permettre à l’homme de se séparer de tout ce qui le rattache au monde profane pour lui permettre d’entrer en contact avec le domaine sacré, celui de Dieu. La secte juive des Baptistes utilisait ce rite du baptême pour marquer la purification du cœur.

Les Esséniens pratiquaient de nombreux bains pour se purifier devant Dieu.

Les Pharisiens avaient l’obligation de nombreux rites de pureté: entre autres, de fréquents et minutieux lavages des mains, des plats, etc.

Le baptême de Jean se démarque de ces rites par le fait qu’il semble n’être donné qu’une fois. Il n’est pas seulement un rite de pureté légale mais il doit correspondre à un changement de vie pour obtenir le pardon de Dieu. Avec Jean-Baptiste, un pas nouveau est franchi : il donne au Baptême un nouveau sens, celui de conversion et de rémission des péchés.

Mais il annonce lui-même qu’avec Jésus, ce sera encore tout différent : un baptême de souffle de sainteté et de feu.

Deuxièmement, il vient exercer le Jugement de Dieu

Très habituellement, ce jugement de Dieu était évoqué comme une purification par le feu et par une opération de tri: « Il tient en main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. » Les auditeurs de Jean-Baptiste connaissaient cette image, ils savaient que c’est effectivement une Bonne Nouvelle car ce tri ne supprimera personne : ce feu n’est pas un feu de destruction mais de purification ; comme la pépite d’or est purifiée de ses scories pour être plus belle encore, ce feu nous débarrassera tous de ce qui, en chacun de nous, n’est pas conforme au royaume de justice et de paix instauré par le Messie.